ReprésentationS de l’exil avec les 2MELEC

 

 

Medhi Melhaoui qui est un artiste-sculpteur en  résidence à Joliot Curie est venu dans notre classe de 2 BPMELEC  pour nous présenter son oeuvre qui a comme fil conducteur le thème de  l’exil.

Ses origines sont marocaine, française et allemande. Cette mixité culturelle lui a permis de réfléchir sur la question des origines et des frontières.  De plus, dès  son enfance quand il prenait le bateau pour aller en Europe il a été marqué par les gens qui étaient derrière les barbelés et voulaient coûte que coûte  partir aussi quitte à se mettre en danger. Lui sur le bateau se sentait impuissant, se demandait ce qu’il pourrait faire… alors l’art comme moyen d’expression contre l’oubli  peut-être … 

Son travail nous a plu pour plusieurs raisons.

Tout d’abord parce qu’il travaille des matériaux différents comme le granit, le marbre, le verre, le bronze, le polyurétane. Nous avons trouvé ses œuvres variées et on a l’impression d’un combat avec la matière.

On a adoré le bateau soutenu par une chaîne soudée on a une impression d’apesanteur, on cherche la mer et si le fond de la salle d’exposition est uniforme on peut imaginer qu’il est sur l’eau avec au dessus l’horizon. C’est impressionnant !

Il nous montré un canoë dans lequel est sculpté en granit le corps allongé sur le ventre d’un homme  gisant dans de l’huile de vidange « le personnage se noie dans son propre rêve », le bateau est celui qui mène aux enfers, à la mort. Cette sculpture s’appelle « le pateriste » qui vient du mot espagnol « patera », nom des petits bateaux qui servent à traverser le Detroit de Gibraltar.

Il nous a aussi montré  des dos sculptés. Pourquoi des dos ? car quand  les corps flottent on voit le dos à la surface. Il a fait dans le granit sculpté ce qui nous paraissait des scarifications alors qu’en fait il s’agit de calligraphie sur l’exil d’un poète iranien, Hassan Massoudi.

La sculpture qui nous a le plus interpellée est celle d’un zodiac dégonflé et qui peut avoir des formes différentes, que l’on peut moduler. Elle s’appelle « objet trouvé ». Il reste de l’air dedans, elle ressemble à un corps ligoté.

Il serait trop long de tout abordé mais sa carte de la Méditerranée en verre, nous a soufflé, sans jeu de mots !!!

Et si ces sculptures nous ont plu c’est aussi parce que le thème évoqué fait écho à l’actualité et en cela résonne en nous. De plus, certains d’entre nous sont d’origine marocaine et ont vu aussi des gens essayer de partir ce qui montre que la misère est toujours là.

Mohamed E. et Amine E., 2 BP Mélec